Les discussions sur les photos

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Sylvain Halgand le 2013-06-09


Extrait de l'historique du 94° Régiment d'Infanterie, racontant la Marne

Débarqué à Guignicourt, le 94e est de suite utilisé. Le 30août, il prend les avant-postes en avant de Guignicourt, se porte le 31 à Saint-Loup-en-Champagne.
Le 1er septembre, commence le repli ordonné par le Général Joffre, qui veut mettre le grand état-major allemand dans l'indécision. .
De jour ou de nuit, on marche, la rage au coeur, presque sans ravitaillement. Le 1er au soir à Neuvillette, le 3 à Rilly-la-Montagne, le 4 à Villers-aux-Bois, le 5 au bivouac à Broyes et Mondement (le 1er Bataillon assure la garde du château de Mondement, où s'est installé le Général Grossetti).
Dans la journée du 5, l'Armée de Paris (Généraux Maunoury et Gallieni) a attaqué.
Le 6 au matin, des troupes du 9e Corps prennent la place de la Division et le Régiment se regroupe dans les bois aux environs de Chapton.
Enfin, on est prévenu que le recul doit être terminé et l'ordre d'attaquer arrive.
« L'ordre est envoyé partout d'arrêter la retraite, de faire ferme, de prendre l'offensive… Le Général Foch a trois artères à interdire à l'ennemi: les routes d'Epernay à Sézanne et à La Fère- Champenoise ; celle de " Châlons à Arcis-sur-Aube. En outre, il doit tenir les plateaux au Nord de Sézanne et empêcher l'ennemi de déboucher au sud des Marais de Saint-Gond.
La 42e Division va tenir les hauteurs de Sézanne : mission de confiance donnée à une troupe d'élite»
Le 1er Bataillon du 94e (Commandant Barbaroux) se précipite en tête dans le village de La Villeneuve-les-Charle ville, qu'il enlève à la baïonnette. Le Xe Corps allemand contre-attaque. Le village est perdu puis repris et l'ennemi repoussé jusqu'aux lisières des Marais de Saint-Gond. (Le Général Grossetti, toujours en tête et témoin de l'héroïsme du 1er Bataillon, le cite à l'ordre de la Division.)
Le Colonel Margot, qui n'a pas quitté les éléments de tête, attend de pied ferme les nouveaux efforts de l'adversaire. Voulant être sûr de la cohésion de son Régiment, il fait présenter les armes, suprême défi lancé en pleine bataille aux hordes de l'envahisseur.
En dépit de furieux assauts, le Régiment tient bon. Le Commandant Barbaroux est blessé. Le soir, le calme renaît un peu et les liaisons, quoique difficiles, s'établissent.
La droite est en retrait et, le 7, de nouveaux assauts furieux des Allemands reprennent en avant de Chapton.
« Les positions ne sont conservées que grâce à des prodiges d'héroïsme. Sans répit, malgré les pertes les plus effroyables, les masses allemandes se ruent à l'assaut en vagues massives».
Le Colonel Margot blessé, le Commandant Duclaux prend le commandement du Régiment.
Le 8, la 42e Division est dégagée par les attaques du 10e Corps. Ainsi appuyé, le Régiment continue à gagner du terrain; partout ailleurs, on n'avance pas ; mais l'ennemi, étonné, s'arrête.
Le Régiment est mis au repos au château de Chapton.
« Bien que son moral soit demeuré très élevé, la 42e Division, après trois jours de lutte disproportionnée, est hors d'état physiquement de supporter encore un jour d'une épreuve aussi terrible».
Le 9, le 94e est en réserve à Pleurs. Mais l'heure critique approche: si la limite des forces est atteinte, l'ennemi, lui aussi, est épuisé. On ne pourrait supporter un nouvel assaut, mais il faut, par une attaque, chasser l"ennemi qui n'a plus de réserves.
« De notre côté, une réserve est en route !... Cette réserve suprême, c'est l'héroïque 42e Division».
En avant ! Le Régiment attaque Connantre. En arrivant au village, vers minuit, les patrouilles le trouvent évacué.
Le 10, au petit jour, la marche reprend. Le champ de bataille est jonché de morts. Les Allemands ont abandonné de nombreux blessés, des trophées, du matériel.
Presque sans manger, il faut aller de l'avant, tenter de ne pas donner de répit à l'adversaire en fuite.
Le 11, le Régiment passe à Normée ; le 12, il couche à Thibie. Le 13, il passe la Marne à Matongues, sur un pont de fortune et va coucher à La Veuve.
Le 14, il continue vers le camp de Châlons (quelques retardataires ennemis sont chassés de Mourmelon, où les Allemands avaient déjà constitué d'importants dépôts d'effets et de matériel) et vers Auberive, où il se heurte à l'ennemi retranché et réapprovisionné. Il faut l'accrocher et repousser ses vigoureuses contre-attaques.
Le 20 septembre, devant Baconnes, les 104e et 106e allemands font une furieuse attaque de nuit, repoussée par le 1er Bataillon et le 19e Bataillon de Chasseurs, qui leur infligent des pertes cruelles (au petit jour, sur le front de la 1re Compagnie, on compte 83 morts).
Le 2 l, le Commandant Barbaroux, rentré, prend le commandement du Régiment.
Le 22, le Régiment est relevé et mis au repos à Mourmelon-le-Petit.
Le 24, par Rilly-la-Montagne, Puisieulx, il doit gagner La Pompelle. A Sillery, deux attaques successives permettent de franchir le canal et de se porter de l'autre côté de la Vesle, au pied du fort.
Tandis que les Armées de Castelnau et de Maud'huy sont transportées à la gauche du front de bataille, où se livre de chaque côté la « course à la mer », la 42e Division va donner un nouvel assaut pour défendre Reims.
Le fort de La Pompelle, qui domine la vallée de la Vesle, est attaqué par le 94e, le 26 septembre.
Dans un assaut magnifique avec les Tirailleurs Sénégalais, le fort est enlevé et les lignes amenées dans les fossés même de la route 44.
Mais les pertes sont sanglantes et il est impossible de pousser au delà. Le Général Krien, commandant la Brigade, est mortellement blessé. Le Régiment est réduit à deux Bataillons.
En dépit de contre-attaques violentes, le terrain est conservé et organisé les jours suivants, sous des bombardements violents.
Le 29 septembre, le Commandant Barbaroux, évacué à nouveau, passe le commandement du Régiment au Capitaine Dieu. Celui-ci le conserve jusqu'au 10 octobre et le passe à cette date au Commandant Génot.
Pendant cette période, les premières citations à l'ordre sont accordées :au médecin-major de 1re classe du Roselle, au Capitaine Picquart, adjoint au Chef de Corps, au médecin auxiliaire Verger, aux brancardiers Ducornoy et Connesson, ces deux derniers tués en transportant les blessés dans les circonstances les plus pénibles.
Le 17 octobre, le Régiment est relevé et va en réserve à Sermiers, où se reforme le 3e Bataillon.
Dans les circonstances actuelles, il ne saurait être question de repos. Le 18, le 94e est à Hautvillers et Ay; le 11, il embarque à Epernay.
Il quitte la Marne pour être transporté en Belgique et va gagner un deuxième chevron de gloire sur
l'Yser; petit ruisseau, puis rivière large près de la mer, qui coule dans une plaine riche, coupée d'innombrables canaux.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Le Beiram (ou Bairam) est une fête mulsumane.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


D'après le site de la commune de Villers :

Après la guerre 1914-1918, les badestamiers ne revinrent pas à Villers aux Erables et s'installèrent près des nouvelles usines textiles à Moreuil. Le village, entièrement détruit fut reconstruit de 1920 à 1926 et la population diminua de 290 habitants en 1914 à 80 environ en 1920.

Villers aux Erables devient entièrement agricole. Les archives de la commune, entièrement détruites durant la guerre, seront reconstituées à la main en 1926. Cela représentant un travail de 10 ans.

Après la seconde guerre mondiale, une importante pépinière fur créée à Villers aux Erables et elle compta jusqu'à 40 employés. Le dernier commerçant de Villers aux Erables, l'épicier débit de boissons ferma vers 1980. La pépinière durement touchée par la crise des années 90 cessa à son tour son activité en 1996 et ce fut une perte grave pour la commune.

Seules subsistent actuellement 3 fermes, qui sont spécialisées dans la pomme de terre de haute qualité et de légumes fins pour l'industrie agroalimentaire, en particulier l'importante usine Bonduelle à Estrées Mons.

Le château de Villers aux Erables, très abîmé par les très durs combats de 1918 ne fut pas reconstruit et a été rasé dans les années 1960. Seuls subsistent encore des morceaux de ses murs d'enceinte.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Au sujet de la présence française dans la région d'Andana, vous pouvez lire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_de_Cilicie

Sylvain Halgand le 2013-06-09


D'après l'historique du 94ème RI

 

Le 2 janvier, après avoir incorporé deux nouveaux renforts de 315 hommes et 200 hommes, le Régiment est embarqué à Hazebrouck et débarqué à Ailly -sur-Noye (Somme).
Le 3, il cantonne à Berny-sur-Noye et Jumel, d’où il est emmené par voie ferrée le 12, pour arriver à Givry-en-Argonne et Le Chatelier le 13, à Florent le 17. Un renfort de 340 hommes est arrivé le 16, portant à 2.300 le nombre d’hommes envoyés par le dépôt pendant les quatre derniers mois (Il ne nous sera plus possible de donner les chiffres des nombreux renforts. A partir du mois de mai, d’ailleurs, ils passeront tous par le dépôt Divisionnaire) Le Régiment va affronter une nouvelle zone où de nouveaux moyens sont employés. Ce n’est plus la lutte en rase campagne de la Marne, ni les Corps à Corps de Belgique. Dans la forêt et les ravins de l’Argonne, au bois de la Gruerie, le combat va se mener sur terre et sous terre, rempli de ruses et d’embuscades, avec une fureur qui ne ralentira pas pendant six mois et dont les trop nombreuses tombes des cimetières de Vienne-le-Château, La Harazée, Florent et Sainte-Menehould laisseront un souvenir indestructible. Jusqu’en juillet, les Allemands tenteront de nous rejeter dans le ravin de la Biesme pour gagner le plateau de la Placardelle et dévaler sur Sainte-Menehould. « Mais ils ne passeront pas! La 42e Division est là ! »
Les tranchées se trouvent à quelques mètres les unes des autres; des boyaux communs sont souvent barrés seule ment par des traverses de sacs à terre, Les pétards et les grenades font leur apparition, ainsi que les premiers engins de tranchée (mortiers Célerier, Aasen et autres crapouillauds) Les nerfs des
combattants sont mis à une dure épreuve: il faut tenir sur un sol miné, rechercher et détruire les approches souterraines de l'ennemi.

En secteur le 21 à Marie -Thérèse, le 3e Bataillon est attaqué dès le 22. Au moment même de sa montée en secteur, vers 10 heures, le 2e Bataillon (Commandant Boulet-Desbareau) apprend que l'ouvrage Marie-Thérèse vient d'être pris par les Allemands, ainsi que la tranchée de protection, à la suite de l'envoi debombes et de grenades à main sur la 11e Compagnie. Aussitôt le Bataillon part en contre-attaque en
colonne double, à la baïonnette, clairons sonnant, le Commandant en tête, sous un feu intense, et chasse l'ennemi des tranchées de seconde ligne qu'il venait d'occuper. L'opération avait été conduite avec un brio extraordinaire et une bravoure remarquable. Le Lieutenant Duchêne s'était particulièrement fait remarquer par son courage héroïque : Citation du Lieutenant Duchêne, qui devait plus tard, dans un autre Régiment, tomber héroïquement :« Au combat du 22 Janvier, a brillamment entraîné sa Compagnie à l'attaque d'une
tranchée occupée par l'ennemi. Quoique blessé dès le début d'une ba1le à l'épaule, s'est élancé le premier à la sonnerie de la charge et est parvenu avec quelques hommes seulement sur la tranchée ennemie; y a été blessé une deuxième fois par une grenade jetée à bout portant et ne s'est laisser emmener que sur l'ordre formel du Chef de Bataillon »
Tout l'après-midi, la lutte demeura violente et la fusillade nourrie. La nuit fut employée à renforcer la ligne et à organiser les communications.
Le 23, trois nouvelles attaques sont repoussées, en dépit de leur violence, par le feu de la première ligne.
Le 24, les 2e et 3e Bataillons sont relevés et vont au repos à Florent.
Le 25, le 1er Bataillon, conduit par le Capitaine Grégy réussit, à la nuit, à combler les sapes allemandes devant son saillant et à bouleverser les tranchées adverses, d'où il rapporte de nombreux
trophées. Il est, à son tour, relevé le 27 au soir. (Le Capitaine Grégy, au front depuis le début, blessé déjà deux fois, aussi brave soldat que chef admiré de tous, est fait Chevalier de la Légion d'Honneur. En 1918, il fut fait Officier de la Légion d'Honneur étant Commandant du 2e Bataillon de tirailleurs marocains.
Le 29, les 2e et 3e Bataillons sont appelés au secours de la 40e Division. A 17 heures, le 2e Bataillon part à la contre-attaque, 5e et 6e Compagnies en tête, arrive, la nuit, à travers bois, dans un terrain inconnu et sous un feu violent, à quelques mètres des tranchées allemandes et ce n'est que le lendemain matin qu'il se retire par ordre, après avoir passé la nuit sans abris ni tranchées d'aucune sorte, ayant perdu
47 tués et 65 blessés.
C'est ensuite la promenade dans tous les coins du secteur, à Fontaine-Madame, au Four-de-Paris, à Blanloeil, avec, pendant les repos, des journées d'alerte passées à la Croix-Gentin.
Le 10 février, le 3e Bataillon est en ligne à Marie-Thérèse. Vers 6 heures, trois mines sautent sous les 10e et 11e Compagnies. C'est le signal de départ de l'attaque, menée par une Brigade en colonnes d'assaut. Les 10e et 11e, débordées, résistent sur place ; mais tous les défenseurs sont tués ou pris. Aux deux ailes, les 9 e et 12 e résistent. A la 12 e, le Lieutenant Philippon contre-attaque et parvient à reprendre
60 mètres de tranchées. Le soir, le Commandant Ducloux contre-attaque avec le 1er Bataillon et arrive à rétablir la situation, à dix mètres des tranchées allemandes.
Au cours de cette attaque, les Allemands avaient mis hors de combat au 3e Bataillon 350 hommes et 5 Officiers. Non contents d'avoir, en pays envahi, massacré des innocents, ils avaient employé des cartouches à balles retournées pour rendre les blessures plus graves.
Le 3 mars, trois fourneaux de mine sautent sous les positions de Blanloeil et Fontaine-aux-Charmes.
L'ennemi s'empare de deux cents mètres de tranchées. Avec des éléments du 162e, le 1er Bataillon (Darthos) chasse à la baïonnette les Allemands de la position. Le Sous -Lieutenant Migeon (Tué le 13 Juillet 1915), au signal donné, s'était précipité en tête d'une Compagnie sur les tranchées occupées par l'adversaire, l'en avait chassé, avait retourné immédiatement la tranchée contre les Allemands s'y
maintenant pendant la contre attaque sous un lancement de bombes d'une violence rare, et ne battait en retraite que le dernier, facilitant la rentrée dans les lignes de quelques hommes encore valides.
Le Général Deville, commandant la 84e Brigade, en prenant quelques jours plus tard le commandement de la 42 e Division, disait dans son ordre du jour que le Bataillon Dathos, du 94 e, avait couronné le succès. Des prisonniers allemands confirmèrent que dans leurs rangs se trouvaient des équipesspéciales, devant faire fonctionner des pompes qui lançaient un liquide enflammé. Avec la mobilisation
des produits chimiques, la f1amme allait s'ajouter à la diabolique invention des gaz asphyxiants.

La lutte est continuelle et les pertes importantes, mais le moral de tous reste excellent: le 6 mars, le soldat Stéphane, gravement blessé, fait preuve d'un stoïcisme et d'un courage superbes, encourageant ses camarades et disant a tous: « Ça ne fait rien, je suis toujours Stéphane! » (Mort des suites de ses blessures).
Le 13 mars, le Régiment est à nouveau à Marie -Thérèse, le ravin du Mortier et Fontaine -Madame.
Le 7 avril, il est à Saint-Hubert; le 13, au ravin des Meurissons, où il repousse, toujours avec la même abnégation, une attaque le 24 avril et une autre le 1er mai, contre-attaquant à deux reprises différentes.
Du 8 au 31 mai, les Allemands font des attaques renouvelées sur les tranchées de Bagatelle. Les mines explosent, de part et d'autre ; mais, grâce aux nombreux héros que fait naître chaque affaire, l'ennemi n'obtient aucun résultat appréciable. Nous citerons, à titre d'exemple, les plus beaux parmi ces hauts faits:
Le Sergent téléphoniste Toupin, blessé grièvement à la gorge et perdant abondamment son sang, ne veut pas se laisser emmener avant d'avoir donné au Chef de Corps toutes les indications pour la remise en état du réseau.
Le soldat Rousselet se précipite sur une bombe à ailettes qui vient de tomber au milieu de sa section et réussit au péril de sa vie à en arracher la mèche, sauvant ainsi ses camarades d'une destruction certaine.
Les soldats Vannier et Francesconi, pendant un combat de nuit, restent à leur poste toute la nuit quoique blessés et ne sont évacués que le lendemain, sur l’ordre formel de leur chef de section.
Le Lieutenant Lavignon donne à ses hommes l'exemple du sang-froid et du mépris de la mort : commotionné par l'éclat d'un pétard, il ne songe pas un instant à quitter son poste d'honneur à l'endroit le plus exposé.
Le soldat Parizet, projeté en l'air par l'explosion d'une mine, reste deux heures sous le feu d'une mitrailleuse qui tire sur lui à chaque mouvement, se met enfin debout en criant: « Après tout, on ne meurt qu'une fois! » et retombe dans les bras de ses camarades.
Le soldat Morin, ayant le bras droit enlevé, s'écrie: « Je veux encore lancer un pétard! » et ne part qu'après l'avoir lancé (Ont été citées en outre pendant cette période : Les Équipes de Bombardiers des 1re, 3e, 4e et 12e Compagnies)
Après cette pénible période, pour la première fois, le Régiment, qui vient de montrer toute sa valeur en face de situations parfois critiques, profite, du 11 au 15 juin, d'un vrai repos à Moiremont, les Hauts-Bâtis et la Croix-Gentin.
Le 16 juin, il remonte à Beaumanoir et arrête deux violentes attaques le 17 et le 20.
Le 30 juin, les Allemands déclenchent une violente offensive sur tout le front de l'Argonne, de Verdun à la Champagne. Après un bombardement violent par obus de tous calibres et obus toxiques ils sortent des tranchées vers 7 heures et prennent trois lignes successives à Bagatelle.
L'attaque a été si subite que les Chasseurs, en soutien, sont surpris.
Le 94e, qui avait été relevé la veille, est alerté. II part de suite et contre-attaquant avec énergie, arrive à dégager les Chasseurs. La route de Sainte-Menehould était ouverte à l'ennemi, mais l'intervention du 2e Bataillon, sous les ordres du Commandant Boulet-Desbareau, contre-attaquant de flanc, rétablit la situation et permet de reprendre les troisième et deuxième lignes.
Le Colonel Escalon, commandant la 83e Brigade, est tué à son poste de commandement.
Les 1er et 2 juillet, la lutte continue et des attaques permettent de reprendre certains éléments de tranchées, en dépit des plus sérieuses difficultés, grâce tout spécialement au dévouement des mitrailleurs :
deux d'entre eux, les soldats Reverchon et Walinthout, inspirent à leurs cama rades le calme nécessaire dans la circonstance. Entourés par l'ennemi, ils continuent à tirer sur les colonnes d'attaque, réussissent à dégager leurs pièces et à reprendre le tir sur une nouvelle position. Sommé de se rendre prisonnier par les allemands qui lui crient: « Eh ! monsieur, camarade, prisonnier ! »; Walinthout répond: « Ta gueule, eh!
con ! » et continue à servir sa pièce. Un Caporal mitrailleur, Bégat, fait en ligne le ravitaillement en munitions et en eau; les chevaux étant fourbus, il continue à assurer le transport à dos pendant toute la nuit.

Le 6 juillet, le Régiment est relevé et mis au repos à Florent. Il remonte en ligne le 13. A peine est-il arrivé qu'un bombardement violent commence.
Le 14, à 8 heures, les Allemands se lancent à l'assaut des lignes devant Marie -Thérèse et le ravin du Mortier, de part et d'autre de la route de Saint-Hubert. La première ligne est enlevée sur toute sa longueur et une fois de plus le Régiment contre-attaque et les Compagnies, dans des attaques partielles, essayent de reprendre le terrain perdu, mais n'y réussissent que sur certains points, grâce à la valeur et à l'initiative des Chefs.
Le Capitaine Lecaplain, atteint de trois blessures au début de la campagne et dans l'impossibilité de se servir de son bras, se fait remarquer par sa bravoure et l'habileté qu'il montre dans le commandement d'une Compagnie de mitrailleuses.
Le Lieutenant Ragot (Tué le 25 septembre 1915) et le Sous-Lieutenant Sancier conduisent brillamment les attaques de leurs Compagnies et réussissent à reprendre des tranchées occupées par l'ennemi, malgré des feux violents de mitrailleuses et des tirs intensifs de pétards et de bombes.
La 1re Compagnie est citée à l'ordre de l'Armée (Citation de la 1re Compagnie du 94e R.I: « Le 13 juillet, chargée d'attaquer une partie de tranchée occupée par les Allemands, a enlevé cette tranchée après un combat des plus violents, malgré les pertes subies; le Capitaine Tranchand a assuré la garde et la remise en état de la portion de tranchée conquise, maintenu la liaison avec les éléments voisins et conservé cette position pendant les journées des 14 et 15 juillet, sous un feu continu de bombes et de pétards »).
Le 17 juillet, le Régiment, relevé, est en réserve, au repos à Vieil-Dampierre et Bournonville.
Le 30, il est embarqué en chemin de fer et débarqué à Saint-Hilaire-au-Temple.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Du 1er au 20 octobre, le 94e est au repos à Gentelles,Cachy, Fouencamps, où il se reconstitue dans des manoeuvres sur le plateau Gentelles-Cachy et les rives de l'Avre, qu'il devait, de mai à août 1918, défendre ardemment, puis libérer.

 

extrait de l'historique du régiment.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Le 23 octobre, des exercices de démonstration avec tir d'engins réels, et la réédition de la manoeuvre montée le 26 août par le Capitaine Lavignon sont exécutés par le Régiment sur le plateau de Choloy, en présence du Général de Castelnau, des Généraux du Centre d'information de la VIIIe Armée et de Généraux américains.
Le soir même, le Colonel recevait l'ordre suivant :
« Le Général commandant le 32e Corps tient à féliciter hautement le 94e Régiment d'Infanterie pour sa manoeuvre.Tout en reconstituant d'une manière vivante et parfaite l'action du 26 août dernier, le Régiment a donné à tous la plus haute idée du 32e Corps.
En rendant les honneurs, les hommes du Régiment étaient superbes d'attitude, les yeux pleins de fierté de leur glorieux passé. Au cours de la manoeuvre, ils ont montré une troupe souple, agile, admirablement instruite, composée d'individualités conscientes de l'importance des rôles respectifs.
Au lendemain des sept mois de lutte et de glorieuse misère que viennent de passer les troupes du 32e Corps, ceci fait 1e plus grand honneur au Colonel, aux Officiers, aux Sous-officiers, Caporaux et soldats du 94e Régiment d'Infanterie.
Signé: PASSAGA (Sur le moment même, le Général Passaga avait dit au Colonel: « Voilà des soldats tels que je les avais rêvés ! » Cette appréciation d'un tel chef se passe de commentaires.

Le 25 octobre, au théâtre de Toul, le Régiment fête ses trois palmes dans une représentation très réussie.
Le 1er novembre, le Régiment cantonne à Rogéville et se trouve en secteur le 2 : deux Bataillons sont en ligne, un devant Remenauville, un à Limey ; le troisième est en réserve à Saint-Jean.
Jusqu'à la fin de l'année, le Régiment reste dans ce secteur relativement calme, où il réalise un dispositif de défense en profondeur qui lui donne toute sécurité.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Le 30 mars, l'offensive allemande a provoqué le recul des Anglais sur la ligne générale Arras-Albert-Moreuil-Montdidier. Un nouvel effort qui s'est produit entre le 4 et le 8 avril a été enrayé; mais Hindenburg semble ne pas se lasser. Il faut à tout prix barrer la route d'Amiens. La 42e Division va relever sa voisine de Lorraine, la Division marocaine, qui vient de subir de furieux assauts.
Le 2 mai, le 94e est embarqué en autos et emmené à Bacoue1. Le 4, il est à Sains -en-Amiénois, à la disposition de la Ire Armée (Général Debeney) et du 31e Corps (Général Toulorge).
La relève, commencée le 5, est terminée le 6. Le Régiment est en ligne sur cet immense plateau argileux qui s'étend entre VilIers-Bretonneux et Domart-sur-Ia-Luce, tenant une partie du fameux bois de Hangard (Le Général Fayolle avait dit : « C'est la meilleure de mes Divisions, la 42e, qui sera la gardienne d'Amiens »)
Quelques trous individuels, de rares éléments de tranchée ébauchée jalonnent les lignes de défense, où de nombreux cadavres témoignent de l'ardeur de la lutte des jours précédents. Dans la boue, sous les obus, en dépit des gaz, cha cun se met au travail. Dès le premier soir, la 1re et la 7e compagnies font chacune un prisonnier, qui annoncent une attaque pour le lendemain.
« Au travail, et qu'ils y viennent »
Le 7, à 23 h. 30, la première ligne demande le barrage d'artillerie, qui commence instantanément avec une violence extraordinaire. L'attaque est avortée, et chacun se remet au travail.
Jusqu'au 27 mai, l'activité d'artillerie reste à peu près constante et diverses tentatives sont toutes repoussées; mais les lignes successives de "tranchées avec défenses accessoires et abris profonds sont organisés comme par enchantement: travaux de géants, exécutés inlassablement, soit en ligne, soit en soutien à Boves, Cottenchy, Fouencamps.
Du bois de Hangard, le Régiment passe successivement à la naissance du ravin de Domart, puis à la tête de pont de la Luce.
Le 27 mai, l'effort ennemi se porte en direction de Paris.
Tandis que les autres Divisions du 32e Corps sont engagées sur la Marne, la 42e reste gardienne d'Amiens, désormais inaccessible.
Le 6 juin, la densité d'occupation du secteur est fortement diminuée: on échelonne la défense en profondeur, tout en renforçant l'organisation. Pendant ce temps, l'ennemi a gagné Château-Thierry.
Chaque jour il déverse sur Paris des tonnes d'explosif, prétendant annoncer au monde la « victoire allemande ». Mais la France reste ferme et maintient entière sa confiance dans ses soldats et leurs chefs.
Le Général Foch, Généralissime des Armées alliées, attend patiemment, comme à la Marne, une faute de l'ennemi.
Il faut préparer la reprise du mouvement en avant et, pour cela, être renseigné sur la situation de l'adversaire. Le 29 juin, le 94e exécute un coup de main. A 0 h. 10, sous le commandement volontaire du Capitaine Fortis, un peloton de la 1re compagnie, sans préparation préalable, couvert seulement par un barrage roulant, fait une incursion dans les lignes allemandes devant le bois Dodu, maîtrise rapidement cinq Allemands qui essayaient de se défendre à coups de grenades et les ramène dans nos lignes trente minutes après.
Le 21 juillet, à 23 h. 45, un nouveau coup de main, exécuté dans la même zone par le Sous- Lieutenant Gangneron, officier d'élite, et 37 hommes, permet de ramener, malgré un violent tir de barrage ennemi, trois nouveaux prisonniers.
Le 23 juillet, une reconnaissance est effectuée par le Sous-Lieutenant Rouaud, de la 2e compagnie, au cours de laquelle le Sergent Clément est grièvement blessé en se jetant hardiment à l'attaque d'une fraction ennemie qu'il voulait surprendre.
Le 2 août, le Régiment est en réserve.
Le 5, le Capitaine Garêne, du 332e, prend le commandement du 1er Bataillon, en remplacement du Commandant Poulain, passé à l'Armée américaine. Dans la nuit du 6 au 7 août, le Régiment se porte en position d'attente. Nuit de relève unique dans les annales de cette guerre: alors que depuis un certain temps on avait l'impression d'une stabilisation complète, d'une tranquillité parfaite chez l'adversaire, chacun croit
rêver de voir, par cette nuit noire, sous la pluie orageuse, un triple convoi sur la route: fantassins, camions, caissons, se hâtant silencieusement chacun vers son poste.
Dans la journée du 7, pas un mouvement ne décèle la présence de nos forces: résultat merveilleux d'une discipline basée sur la confiance.
Le 8, août, à 1 h. 30, les Bataillons ont pris leur place de départ, tandis qu'à l'arrière les tanks s'approchent. En première ligne, le 2e Bataillon, (Commandant Mesny) et le 3e (Commandant de Dufourq), en liaison à droite avec le 8e B. C., P., à gauche avec la Division canadienne. Le 1er Bataillon (Commandant Garêne) est en soutien.
La nuit est d'un calme impressionnant: pas un coup de canon, ni ami, ni ennemi. A 4 h. 20, une immense lueur s'élève derrière nous, suivie d'un fracas assourdissant : l'artillerie de toute l'Armée ouvre le feu à la même seconde, c'est le signal de départ.
Tout le Régiment se précipite en avant, suivant au plus près le barrage roulant. La nuit est noire et la fumée des éclatements l'épaissit encore. Tous les gradés dirigent la marche, la boussole à la main. Un arrêt est marqué de 4 h. 40 à 5 h. 20, pour permettre à l'artillerie d'exécuter quelques destructions importantes. A 5 h. 20, le Régiment reprend sa progression. A droite, le 3e Bataillon capture une cinquantaine de prisonniers et dix mitrailleuses dans le bois Longuet. En débouchant devant la lisière Nord-Est du bois de Moreuil, la 9e compagnie est arrêtée par de violents feux de mitrailleuses. Le 8e Bataillon de Chasseurs est arrêté aussi. Les 10e et 11e compagnies exécutent le débordement de cette résistance et la marche en avant reprend. La 9e compagnie, à laquelle le Lieutenant Lafrogne communique
sa vigueur et son entrain, pousse sur le bois de Moreuil, où elle capture une trentaine d’Allemands et une dizaine de mitrailleuses, grâce tout particulièrement au dévouement des soldats Soliveau et Thomas, qui se portent a l'assaut d'une mitrailleuse en action, servie par un officier commandant deux pièces de 77 dont les servants avaient été mis en fuite, tuent cet officier à bout portant et permettent ainsi à notre première vague de poursuivre la marche en avant. La 10e compagnie (Lieutenant Chertier) s'empare d'une batterie de quatre pièces de 77, avec son personnel, et d'un canon de 150. La 11e compagnie (Capitaine Lavignon) capture à son tour 50 prisonniers et 10 mitrailleuses, ainsi qu'une nouvelle batterie de 77, près de la corne du bois de Moreuil. Le Sergent Leuyer (1), de cette compagnie, réduit, un îlot de résistance qui offrait sous bois une résistance acharnée, et se jette personnellement sur une mitrailleuse dont il met les servants hors de combat. (1 Déjà décoré de la Médaille Militaire, le Sergent Leuyer est fait Chevalier de la Légion d'Honneur.)
Le Lieutenant Férant, de la C. M. 3, contribue largement à l'avance magnifique de son Bataillon, par l'appui habile et constant qu'il donne aux compagnies. A gauche, peu après le départ, la progression du 2e Bataillon est gênée par la résistance de fractions qui défendent le bois Dodu et le bois d'Hollan. Ces résistances sont réduites par la 5e compagnie (Capitaine Lecomte), appuyée par un tank canadien. Un nombre important de prisonniers et de mitrailleuses est capturé. Le premier objectif, route Demuin- Moreuil, est atteint à 6 h. 40. Un arrêt de soixante-trois minutes est marqué sous la protection d'un barrage fixe, arrêt pendant lequel on vérifie le bon ordre et les liaisons. A 7 h. 43, la marche reprend en direction de Villers-aux-Erables.
Par suite d'un retard de la Division canadienne, un trou se produit entre le 2eet le 3e Bataillon: la 2e compagnie (Capitaine Lacampagne) le bouche.
En dépit d'un léger rale ntissement, la progression continue et des centaines de prisonniers sont encore faits.
Vers 10 heures, le 2e Bataillon, qui doit déborder par le Nord le village de Villers-aux-Erables, est arrêté par des feux violents de mitrailleuses. Le 3e Bataillon se heurte, lui aussi, à une vive résistance. D'un côté comme de l'autre, tous les efforts sont faits pour vaincre cette résistance. Le Capitaine Lavignon, secondé par l'Adjudant Bassard, réussit une manoeuvre hardie de débordement, parvient à se jeter avec sa
compagnie dans Villers-aux-Erables, enlève d'assaut le château, capturant des mitrailleuses et plus de 200 prisonniers.

Le parc résiste encore. La 3e compagnie, sous les ordres du Sous -Lieutenant Thoveron, est envoyée en renfort au 2e Bataillon. Le Sous-Lieutenant Thoveron rencontre au passage une section de mortiers Stokes que commande le brave Adjudant Comtesse, la porte en avant et la fait intervenir, puis se précipite à la tête de sa compagnie et capture les trois dernières mitrailleuses en action, tandis que la 7e compagnie s'empare d'une batterie de 210 qui tirait encore. A midi, l'objectif final du Régiment est atteint.
Mais chacun a le sentiment de la situation et de l'importance des minutes. Le Lieutenant-Colonel Détrie demande un effort supplémentaire, que les Bataillons ont entrepris antérieurement à la réception de l'ordre et de leur propre initiative. Le Capitaine Garêne prend la tête de la compagnie Thoveron. Accompagné du Capitaine Adjudant-major Remy, avec la liaison du 1er Bataillon et quatre sections de mitrailleuses, il bondit dans les vergers de Mézières, pousse à travers le village, le fait nettoyer et s'établit finalement, à 13 heures, à 300 mètres à l'Est du village, où il rétablit les liaisons. Au cours du nettoyage du village, il a été capturé plus de 100 prisonniers, un poste de secours où a été délivré un officier aviateur français blessé, et quatre pièces de 150.
Au cours de cette journée, le Régiment a réalisé une progression de huit kilomètres, dépassant de plus de deux kilomètres son objectif final et a capturé 1.400 prisonniers, dont 40 officiers, plus de 100 mitrailleuses, des minenwerfer non dénombrés, 32 canons, dont 12 de gros calibre.
A 14 heures, le 332e dépasse le Régiment et enlève Fresnoy-en-Chaussée. Il est à son tour dépassé par la 153e Division.
Le Régiment couche sur les positions qu'il a conquises, y reste la journée du 9, disponible.
Le Colonel reçoit du Général Deville le message suivant :
« Bravo pour le 94e. Magnifique journée ! Votre Général de Division est fier de vous. Dites à vos officiers et à vos soldats tout mon admiration et ma reconnaissance. »
Le 10 août, le Régiment passe en réserve d'Armée à Mézières même.
Le 11 août le Général Deville passe en revue la 42e Division, sur le terrain conquis le 8 par le 94e, au Nord de Villers-aux-Erables, où une grande partie du matérie1 capturé a été rassemblé. Il prononce une allocution où il exalte le rôle glorieux de la 42e Division, qui a permis 1e développement de la grande bataille en cours. Le 13 août, le Régiment se rend par voie de terre à Mailly-Renneval, où il bivouaque.
Les ordres généraux de félicitations arrivent, dont des extraits montreront à tous la glorieuse action accomplie :


Ordre du Général DEBENEY, Commandant la 1re Armée
« La 42e Division vient d'ouvrir magnifiquement les portes à la victoire. La IIIe Armée va attaquer à son tour. Si la bataille prend à cette heure une ampleur imprévue, on le doit la percée rapide de la 42e Division. »


Ordre du Général TOULORGE, Commandant le 31e Corps
« La 42e Division, en deux jours de durs combats, a rompu le front ennemi et pénétré à plus de 10 kilomètres dans les lignes adverses Fier d'avoir eu sous ses ordres d'aussi belles troupes, le Général commandant le 31eCorps salue leurs Drapeaux »


Lettres du Général LIPSETT, Commandant la 3e Division Canadienne et du Général BRUTINEL, du Corps Canadien

« Les troupes de la 3e Division canadienne ne tarissent pas d'éloges sur l'élan et la bravoure dont vos troupes ont fait preuve. Elles sont fières d'avoir été au combat avec elles.
C'est pour mes hommes et pour moi un bien grand privilège que d'avoir pu apporter notre concours à vos superbes Régiments. Mes hommes sont émerveilles de l'admirable souplesse de la méthode d'attaque et de la valeur individuelle de vos fantassins. »


Ordre du Général DEVILLE, Commandant la Division
« La 42e Division peut être fière, à juste titre, de ce beau succès. Son plus beau titre de gloire est d'avoir conservé pendant les dix mois consacrés aux travaux acharnés des secteurs défensifs l'esprit agressif et l'admirable mordant qui lui ont permis d'ébranler jusque dans leur fondement les positions de l'adversaire »


Ordre du Lieutenant-Colonel DÉTRIE, Commandant le Régiment
« On les a eu ! Et comment !
L'ennemi enfoncé au point décisif et d'un seul élan sur sept kilomètres de profondeur. Plus de 40 officiers et 1.400 hommes prisonniers ; 34 canons, dont beaucoup de lourds; plus de 100 mitrailleuses, une quantité de minenwerfer, un matériel considérable capturé: tel est le bilan du 94e dans cette incomparable journée du 8 août 1918. Jamais, à la manoeuvre, vous n’avez été plus beaux que dans cette attaque qui restera légendaire.
A vous, mes enfants depuis deux ans, des enfants qui m'inspirent une affection sans borne et une fierté toujours croissante, je crie de tout mon coeur: bravo et merci »
Le 16 août, le Régiment se rend par voie de terre dans la région de Froissy, d'où il est enlevé le 17 en camions pour aller cantonner à Villers-Vermont, Saint-Samson-sur-Thérain et Canny-sur-Thérain.


Le 20 août, le Général Debeney envoie l'ordre du jour suivant :
« SOLDATS DE LA Ire ARMÉE
La bataille est gagnée. A côté de nos Alliés britanniques, vous avez rompu le front ennemi et dégagé Amiens; vous avez encerclé et pris Montdidier, enlevé de haute lutte les positions fortifiées qui couvrent Roye et libéré, sur une profondeur de 25 kilomètres, la terre sacrée de la chère France. Seize Divisions allemandes, battues, ont laissé entre nos mains plus de dix mille prisonniers, deux cent vingt
canons et un matériel énorme. En quittant les rives de l'Avre pour marcher en avant, saluons avec une pieuse émotion nos braves camarades tombés depuis cinq mois sur la ligne Hangard-Grivesnes. Là, ils ont brisé l'invasion; là, ils ont préparé l'offensive vengeresse; là ils ont, de leur sang, inscrit le mot d'ordre auquel vous vous êtes montrés fidèles et qui restera le nôtre: Nous voulons vaincre! »
Général DEBENEY.


Depuis l'armistice, diverses publications nous permettent de juger cette glorieuse action à sa juste valeur. Un seul extrait des jugements du Général Buat sur Ludendorff, d'après les propres mémoires de ce dernier, fera ressortir ces événements du «Santerre », où le 94e eût la plus belle part, comme ils le méritent :


« Chose étrange! Lorsque, le 16 juillet, Ludendorff donne l'ordre de suspendre les opérations sur la Marne, il croit encore que l'ennemi ne réagira pas. Le 18, il est brusquement rappelé à son Quartier général. Les Français ont attaqué entre la Marne et Soissons. Ludendorff sent l'inquiétude lui mordre l'âme. Cependant il a encore un espoir, le dernier: sans doute le nouveau front va se stabiliser.
Ludendorff en est là de ses réflexions quand se lève, selon sa propre expression, le jour sombre de l'Armée allemande, le plus sombre jour de toute la guerre. Ce jour sombre arrivera le 8 août 1918. Le front Albert-Amiens-Montdidier, Ludendorff le croit très fort, l'ayant fait inspecter par un Général en qui il a toute confiance ! Cependant, le 8 août, par un matin brumeux, tout cela est balayé!... »

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Le jour même, le 8 août, le Capitaine Lavignon, à la suite de ses faits d'armes, est proposé au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur. (d'après le Journal de l'unité)

 

Avec sa compagnie (la 11°) il a fait ... 200 prisonniers.

 

A la fin de la journée, le 94° RI aura fait 1400 prisonniers, 40 officiers, plus de 100 mitrailleuses, des minenwerfer non dénombrés, 32 canons (20x  77 mm, 3 x 105 mm, 1 x 120 mm, 4 x 150 mm, 2 x 130 mm, 2 x 210 mm).

L'avancée aura été de 6,5 kilomètres. Objectif dépassé !

 

Les pertes auront été de 1 officier tué, 9 blessés, 17 hommes tués, 97 bléssés.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


D'après le Journal du Régiment :

Suivant la parole du Général Deberney, Commandant la 1ère Armée : "La 42 Di, par la façon magnifique et heureuse dont elle a rempli sa missioj le 8 août, malgré un long séjour en secteur et un défaut absolu de travail préparatoire qui faisiaient sa tâche difficile, a ouvert toutes grandes les portes de la victoire."

Sont décorés au cours de cettte reevue, par le Général Deville :

Le Capitaine Lavignon (Légion d'Honneur)

Le Sergent Deboves (Médaille miliatire)

Le Caporal Ysabel (Médaille Militaire)

Le Capitaine Jahan( Citation à l'ordre de l'Arnée)

Le s/Lieutenant Thoveron (citation à l'ordre de l'Armée)

Le Soldat Soliveau (citation à l'ordre de l'Armée)

Le Soldat Thomas (citation à l'ordre de l'Armée)

Le Soldat Gosselin (citation au Corps d'Armée)

Le Sergent Broux (citation au Corps d'Armée)

Le Sergent Bhaudet (citation au Corps d'Armée)

Le Caporal Leroy (citation au Corps d'Armée)

 

 

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Relevé par le 332 RI, le 94ème passe en réserve.

Le Chef de Corps est à la ferme du Paraclet.

Le Bataillon Poulaiun est au bois de Boves

Le Bataillon Mesry est à Fouencamps

Le Bataillon de Dufourcq est au bois de Boves et à Cottenchy

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Il est possible que ces photos de Saint-Ingbert soient mal localisées, et qu'elles aient été prises à Zweibrucken.

Voici ce que raconte le Journal du Régiment :

 

31 décembre (1918) : séjour à Deux Ponts

16 janvier : Le Général gérard Commandant la 8ème Armée fait son entrée triomphale à Deux Ponts. Les troupes de la garnison (6/132, 94 RI) sont rangées de chaque coté de la Max Strasse et de la place du Palais de Justice.

Arrivée du Général à 11 heures.

A l''issue de la revue, réunion des Officiers de la Garnison, par le Général Gérard, à l'EM du 15 CA.

21 janvier : Remise de Fourragères aux unités de la Division, par le Général Fayolle, Commandant le CA.

 

 

Le journal ne mentionne jamais Saint-Ingbert.

 

 

 

Sylvain Halgand le 2013-06-08


Il s'agit du Nieuport 17 N 1530 de Guynemer , le 'Vieux Charles V"
(la plupart des avions de Guynemer portaient la mention'Vieux Charles' sur le fuselage)
Guynemer a du atterrir d'urgence avec cet avion le 20 Aout 1916
aprés qu'il ait été atteint par une balle perforante,blessant Guynemer au doigt .L'avion s'étant empétré dans les barbeles devant les tranchées
il a été démonté et  ramené  d'urgence sous les obus ( les mats de cabane ont du   été coupés à la hache)  
Source:Guynemer- Les Avions d'un As Pr Bernard Klaeylé et Philippe Oshé

 

Remerciements à Bruno

Yannick LE GRATIET le 2013-06-08


Bonjour, il s'agit d'un groupe de gardes des voies de communication (GVC) ayant posés pour plusieurs photographies de ce type (charge le long d'une voie ferrée, défense derrière un mur, barricade sur la route...) la série de ces photos commentée est visible sur cet article : http://gvc.14-18.pagesperso-orange.fr/Regards/Regards01Propagande.html

Amicalement,

Yannick LE GRATIET le 2013-06-08


Bonjour, il s'agit d'une légende de propagande, en fait ces hommes sont des réservistes de la territoriale affectés à la garde des voies de communication (GVC), et leurs tenues, comportant pour certains des effets civils, suggère une affectation pas trop près du front, aucune chance qu'il reviennent d'une charge à la baïonnette, la même photo existe avec une variante de légende ("retour dans les tranchées"), voir cet article pour une analyse plus complète de cette même photo et quelques autres :  http://gvc.14-18.pagesperso-orange.fr/Regards/Regards01Propagande.html

Amicalement,