Les discussions sur les photos

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Arnaud Saudax le 2013-09-12


(Une partie a été effacée, sans doute parce qu'elle comportait des indications géographiques...)

5 septembre 1915

Mon cher frère,

[…] tu ne m'écris [...]
j'espère que tu me feras une réponse et que vous êtes tous en bonne santé.
Je vous envoie une vue de notre cuisine en plein air nous finissons de dîner et tu vois que nous ne sommes pas trop à plaindre je pense que tu me reconnaîtra car j'ai ma veste pendu à une branche. En attendant de te lire bientôt.
Ton frère qui t'embrasse.
Cazales Célestin

Sylvain Halgand le 2013-08-06


Marc Pourpe ayant été tué le 2 décembre 1914 à Villers-Bretonneux, la photo n'a pu être prise qu'en 1914.

Arnaud Saudax le 2013-07-11


SPAD XIII n° 2525 du Maréchal des Logis Maurice Chavastelle, pilote de l'escadrille SPA 150, accidenté sur le terrain de Chaux, le 22 mars 1918.
La rivière est certainement la "Savoureuse" qui serpente en bordure du terrain de Chaux. Le pilote n'a pas été blessé.

(Identification de Denis Albin : http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/page_centaine.htm)

Plusieurs photos de la même série sont visibles sur le Net.

 

pascal tordeux le 2013-06-27


CE N' EST LA COMMUNE DE VREGNY, TOPOLOGIE TRES DIFFERENTE

Sylvain Halgand le 2013-06-10


Pelletier d'Oisy est mal orthographié. L'orthographe juste est Pelletier-Doisy

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Je 'nai pas réussi à localiser cette salle de théâtre. Il ne faut pas la confondre avec la salle de même nom qui apparaîtra durant les années 50.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


La visite du General Joffre à Cachy a eu lieu le 29 Juillet 1916, ce qui explique que le Nieuport N 1531 soit encore sur une remorque.

 

Remerciements à Bruno de http://pages14-18.mesdiscussions.net

Sylvain Halgand le 2013-06-09


il s'agit cette fois du Nieuport 1531 (Vieux Charles IV)
Au cours d'un combat, le 28 Juillet 1916, l'helice du Nieuport fut touchée rendant l'avion quasi-incontrolable. Guyenemer a été obligé d'atterrir sur le terrain le plus proche,à Chipilly. Le Nieuport a alors été démonté et ramené à Cachy.
Il est dans un bien meilleur état que le N 1530 (cf roues par exemple

 

D'après Bruno sur http://pages14-18.mesdiscussions.net

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Bonsoir Yannck,

le site cité en référence est très intéressant. Le coup des brodequins et des bas de pantalons français est excellent.

Bien cordialement

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Bonsoir Yannick

 

Merci pour cette confirmation du bidonnage de la photo

Bien cordialement

 

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Extrait de l'historique du 94° Régiment d'Infanterie, racontant la Marne

Débarqué à Guignicourt, le 94e est de suite utilisé. Le 30août, il prend les avant-postes en avant de Guignicourt, se porte le 31 à Saint-Loup-en-Champagne.
Le 1er septembre, commence le repli ordonné par le Général Joffre, qui veut mettre le grand état-major allemand dans l'indécision. .
De jour ou de nuit, on marche, la rage au coeur, presque sans ravitaillement. Le 1er au soir à Neuvillette, le 3 à Rilly-la-Montagne, le 4 à Villers-aux-Bois, le 5 au bivouac à Broyes et Mondement (le 1er Bataillon assure la garde du château de Mondement, où s'est installé le Général Grossetti).
Dans la journée du 5, l'Armée de Paris (Généraux Maunoury et Gallieni) a attaqué.
Le 6 au matin, des troupes du 9e Corps prennent la place de la Division et le Régiment se regroupe dans les bois aux environs de Chapton.
Enfin, on est prévenu que le recul doit être terminé et l'ordre d'attaquer arrive.
« L'ordre est envoyé partout d'arrêter la retraite, de faire ferme, de prendre l'offensive… Le Général Foch a trois artères à interdire à l'ennemi: les routes d'Epernay à Sézanne et à La Fère- Champenoise ; celle de " Châlons à Arcis-sur-Aube. En outre, il doit tenir les plateaux au Nord de Sézanne et empêcher l'ennemi de déboucher au sud des Marais de Saint-Gond.
La 42e Division va tenir les hauteurs de Sézanne : mission de confiance donnée à une troupe d'élite»
Le 1er Bataillon du 94e (Commandant Barbaroux) se précipite en tête dans le village de La Villeneuve-les-Charle ville, qu'il enlève à la baïonnette. Le Xe Corps allemand contre-attaque. Le village est perdu puis repris et l'ennemi repoussé jusqu'aux lisières des Marais de Saint-Gond. (Le Général Grossetti, toujours en tête et témoin de l'héroïsme du 1er Bataillon, le cite à l'ordre de la Division.)
Le Colonel Margot, qui n'a pas quitté les éléments de tête, attend de pied ferme les nouveaux efforts de l'adversaire. Voulant être sûr de la cohésion de son Régiment, il fait présenter les armes, suprême défi lancé en pleine bataille aux hordes de l'envahisseur.
En dépit de furieux assauts, le Régiment tient bon. Le Commandant Barbaroux est blessé. Le soir, le calme renaît un peu et les liaisons, quoique difficiles, s'établissent.
La droite est en retrait et, le 7, de nouveaux assauts furieux des Allemands reprennent en avant de Chapton.
« Les positions ne sont conservées que grâce à des prodiges d'héroïsme. Sans répit, malgré les pertes les plus effroyables, les masses allemandes se ruent à l'assaut en vagues massives».
Le Colonel Margot blessé, le Commandant Duclaux prend le commandement du Régiment.
Le 8, la 42e Division est dégagée par les attaques du 10e Corps. Ainsi appuyé, le Régiment continue à gagner du terrain; partout ailleurs, on n'avance pas ; mais l'ennemi, étonné, s'arrête.
Le Régiment est mis au repos au château de Chapton.
« Bien que son moral soit demeuré très élevé, la 42e Division, après trois jours de lutte disproportionnée, est hors d'état physiquement de supporter encore un jour d'une épreuve aussi terrible».
Le 9, le 94e est en réserve à Pleurs. Mais l'heure critique approche: si la limite des forces est atteinte, l'ennemi, lui aussi, est épuisé. On ne pourrait supporter un nouvel assaut, mais il faut, par une attaque, chasser l"ennemi qui n'a plus de réserves.
« De notre côté, une réserve est en route !... Cette réserve suprême, c'est l'héroïque 42e Division».
En avant ! Le Régiment attaque Connantre. En arrivant au village, vers minuit, les patrouilles le trouvent évacué.
Le 10, au petit jour, la marche reprend. Le champ de bataille est jonché de morts. Les Allemands ont abandonné de nombreux blessés, des trophées, du matériel.
Presque sans manger, il faut aller de l'avant, tenter de ne pas donner de répit à l'adversaire en fuite.
Le 11, le Régiment passe à Normée ; le 12, il couche à Thibie. Le 13, il passe la Marne à Matongues, sur un pont de fortune et va coucher à La Veuve.
Le 14, il continue vers le camp de Châlons (quelques retardataires ennemis sont chassés de Mourmelon, où les Allemands avaient déjà constitué d'importants dépôts d'effets et de matériel) et vers Auberive, où il se heurte à l'ennemi retranché et réapprovisionné. Il faut l'accrocher et repousser ses vigoureuses contre-attaques.
Le 20 septembre, devant Baconnes, les 104e et 106e allemands font une furieuse attaque de nuit, repoussée par le 1er Bataillon et le 19e Bataillon de Chasseurs, qui leur infligent des pertes cruelles (au petit jour, sur le front de la 1re Compagnie, on compte 83 morts).
Le 2 l, le Commandant Barbaroux, rentré, prend le commandement du Régiment.
Le 22, le Régiment est relevé et mis au repos à Mourmelon-le-Petit.
Le 24, par Rilly-la-Montagne, Puisieulx, il doit gagner La Pompelle. A Sillery, deux attaques successives permettent de franchir le canal et de se porter de l'autre côté de la Vesle, au pied du fort.
Tandis que les Armées de Castelnau et de Maud'huy sont transportées à la gauche du front de bataille, où se livre de chaque côté la « course à la mer », la 42e Division va donner un nouvel assaut pour défendre Reims.
Le fort de La Pompelle, qui domine la vallée de la Vesle, est attaqué par le 94e, le 26 septembre.
Dans un assaut magnifique avec les Tirailleurs Sénégalais, le fort est enlevé et les lignes amenées dans les fossés même de la route 44.
Mais les pertes sont sanglantes et il est impossible de pousser au delà. Le Général Krien, commandant la Brigade, est mortellement blessé. Le Régiment est réduit à deux Bataillons.
En dépit de contre-attaques violentes, le terrain est conservé et organisé les jours suivants, sous des bombardements violents.
Le 29 septembre, le Commandant Barbaroux, évacué à nouveau, passe le commandement du Régiment au Capitaine Dieu. Celui-ci le conserve jusqu'au 10 octobre et le passe à cette date au Commandant Génot.
Pendant cette période, les premières citations à l'ordre sont accordées :au médecin-major de 1re classe du Roselle, au Capitaine Picquart, adjoint au Chef de Corps, au médecin auxiliaire Verger, aux brancardiers Ducornoy et Connesson, ces deux derniers tués en transportant les blessés dans les circonstances les plus pénibles.
Le 17 octobre, le Régiment est relevé et va en réserve à Sermiers, où se reforme le 3e Bataillon.
Dans les circonstances actuelles, il ne saurait être question de repos. Le 18, le 94e est à Hautvillers et Ay; le 11, il embarque à Epernay.
Il quitte la Marne pour être transporté en Belgique et va gagner un deuxième chevron de gloire sur
l'Yser; petit ruisseau, puis rivière large près de la mer, qui coule dans une plaine riche, coupée d'innombrables canaux.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Le Beiram (ou Bairam) est une fête mulsumane.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


D'après le site de la commune de Villers :

Après la guerre 1914-1918, les badestamiers ne revinrent pas à Villers aux Erables et s'installèrent près des nouvelles usines textiles à Moreuil. Le village, entièrement détruit fut reconstruit de 1920 à 1926 et la population diminua de 290 habitants en 1914 à 80 environ en 1920.

Villers aux Erables devient entièrement agricole. Les archives de la commune, entièrement détruites durant la guerre, seront reconstituées à la main en 1926. Cela représentant un travail de 10 ans.

Après la seconde guerre mondiale, une importante pépinière fur créée à Villers aux Erables et elle compta jusqu'à 40 employés. Le dernier commerçant de Villers aux Erables, l'épicier débit de boissons ferma vers 1980. La pépinière durement touchée par la crise des années 90 cessa à son tour son activité en 1996 et ce fut une perte grave pour la commune.

Seules subsistent actuellement 3 fermes, qui sont spécialisées dans la pomme de terre de haute qualité et de légumes fins pour l'industrie agroalimentaire, en particulier l'importante usine Bonduelle à Estrées Mons.

Le château de Villers aux Erables, très abîmé par les très durs combats de 1918 ne fut pas reconstruit et a été rasé dans les années 1960. Seuls subsistent encore des morceaux de ses murs d'enceinte.

Sylvain Halgand le 2013-06-09


Au sujet de la présence française dans la région d'Andana, vous pouvez lire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_de_Cilicie

Sylvain Halgand le 2013-06-09


D'après l'historique du 94ème RI

 

Le 2 janvier, après avoir incorporé deux nouveaux renforts de 315 hommes et 200 hommes, le Régiment est embarqué à Hazebrouck et débarqué à Ailly -sur-Noye (Somme).
Le 3, il cantonne à Berny-sur-Noye et Jumel, d’où il est emmené par voie ferrée le 12, pour arriver à Givry-en-Argonne et Le Chatelier le 13, à Florent le 17. Un renfort de 340 hommes est arrivé le 16, portant à 2.300 le nombre d’hommes envoyés par le dépôt pendant les quatre derniers mois (Il ne nous sera plus possible de donner les chiffres des nombreux renforts. A partir du mois de mai, d’ailleurs, ils passeront tous par le dépôt Divisionnaire) Le Régiment va affronter une nouvelle zone où de nouveaux moyens sont employés. Ce n’est plus la lutte en rase campagne de la Marne, ni les Corps à Corps de Belgique. Dans la forêt et les ravins de l’Argonne, au bois de la Gruerie, le combat va se mener sur terre et sous terre, rempli de ruses et d’embuscades, avec une fureur qui ne ralentira pas pendant six mois et dont les trop nombreuses tombes des cimetières de Vienne-le-Château, La Harazée, Florent et Sainte-Menehould laisseront un souvenir indestructible. Jusqu’en juillet, les Allemands tenteront de nous rejeter dans le ravin de la Biesme pour gagner le plateau de la Placardelle et dévaler sur Sainte-Menehould. « Mais ils ne passeront pas! La 42e Division est là ! »
Les tranchées se trouvent à quelques mètres les unes des autres; des boyaux communs sont souvent barrés seule ment par des traverses de sacs à terre, Les pétards et les grenades font leur apparition, ainsi que les premiers engins de tranchée (mortiers Célerier, Aasen et autres crapouillauds) Les nerfs des
combattants sont mis à une dure épreuve: il faut tenir sur un sol miné, rechercher et détruire les approches souterraines de l'ennemi.

En secteur le 21 à Marie -Thérèse, le 3e Bataillon est attaqué dès le 22. Au moment même de sa montée en secteur, vers 10 heures, le 2e Bataillon (Commandant Boulet-Desbareau) apprend que l'ouvrage Marie-Thérèse vient d'être pris par les Allemands, ainsi que la tranchée de protection, à la suite de l'envoi debombes et de grenades à main sur la 11e Compagnie. Aussitôt le Bataillon part en contre-attaque en
colonne double, à la baïonnette, clairons sonnant, le Commandant en tête, sous un feu intense, et chasse l'ennemi des tranchées de seconde ligne qu'il venait d'occuper. L'opération avait été conduite avec un brio extraordinaire et une bravoure remarquable. Le Lieutenant Duchêne s'était particulièrement fait remarquer par son courage héroïque : Citation du Lieutenant Duchêne, qui devait plus tard, dans un autre Régiment, tomber héroïquement :« Au combat du 22 Janvier, a brillamment entraîné sa Compagnie à l'attaque d'une
tranchée occupée par l'ennemi. Quoique blessé dès le début d'une ba1le à l'épaule, s'est élancé le premier à la sonnerie de la charge et est parvenu avec quelques hommes seulement sur la tranchée ennemie; y a été blessé une deuxième fois par une grenade jetée à bout portant et ne s'est laisser emmener que sur l'ordre formel du Chef de Bataillon »
Tout l'après-midi, la lutte demeura violente et la fusillade nourrie. La nuit fut employée à renforcer la ligne et à organiser les communications.
Le 23, trois nouvelles attaques sont repoussées, en dépit de leur violence, par le feu de la première ligne.
Le 24, les 2e et 3e Bataillons sont relevés et vont au repos à Florent.
Le 25, le 1er Bataillon, conduit par le Capitaine Grégy réussit, à la nuit, à combler les sapes allemandes devant son saillant et à bouleverser les tranchées adverses, d'où il rapporte de nombreux
trophées. Il est, à son tour, relevé le 27 au soir. (Le Capitaine Grégy, au front depuis le début, blessé déjà deux fois, aussi brave soldat que chef admiré de tous, est fait Chevalier de la Légion d'Honneur. En 1918, il fut fait Officier de la Légion d'Honneur étant Commandant du 2e Bataillon de tirailleurs marocains.
Le 29, les 2e et 3e Bataillons sont appelés au secours de la 40e Division. A 17 heures, le 2e Bataillon part à la contre-attaque, 5e et 6e Compagnies en tête, arrive, la nuit, à travers bois, dans un terrain inconnu et sous un feu violent, à quelques mètres des tranchées allemandes et ce n'est que le lendemain matin qu'il se retire par ordre, après avoir passé la nuit sans abris ni tranchées d'aucune sorte, ayant perdu
47 tués et 65 blessés.
C'est ensuite la promenade dans tous les coins du secteur, à Fontaine-Madame, au Four-de-Paris, à Blanloeil, avec, pendant les repos, des journées d'alerte passées à la Croix-Gentin.
Le 10 février, le 3e Bataillon est en ligne à Marie-Thérèse. Vers 6 heures, trois mines sautent sous les 10e et 11e Compagnies. C'est le signal de départ de l'attaque, menée par une Brigade en colonnes d'assaut. Les 10e et 11e, débordées, résistent sur place ; mais tous les défenseurs sont tués ou pris. Aux deux ailes, les 9 e et 12 e résistent. A la 12 e, le Lieutenant Philippon contre-attaque et parvient à reprendre
60 mètres de tranchées. Le soir, le Commandant Ducloux contre-attaque avec le 1er Bataillon et arrive à rétablir la situation, à dix mètres des tranchées allemandes.
Au cours de cette attaque, les Allemands avaient mis hors de combat au 3e Bataillon 350 hommes et 5 Officiers. Non contents d'avoir, en pays envahi, massacré des innocents, ils avaient employé des cartouches à balles retournées pour rendre les blessures plus graves.
Le 3 mars, trois fourneaux de mine sautent sous les positions de Blanloeil et Fontaine-aux-Charmes.
L'ennemi s'empare de deux cents mètres de tranchées. Avec des éléments du 162e, le 1er Bataillon (Darthos) chasse à la baïonnette les Allemands de la position. Le Sous -Lieutenant Migeon (Tué le 13 Juillet 1915), au signal donné, s'était précipité en tête d'une Compagnie sur les tranchées occupées par l'adversaire, l'en avait chassé, avait retourné immédiatement la tranchée contre les Allemands s'y
maintenant pendant la contre attaque sous un lancement de bombes d'une violence rare, et ne battait en retraite que le dernier, facilitant la rentrée dans les lignes de quelques hommes encore valides.
Le Général Deville, commandant la 84e Brigade, en prenant quelques jours plus tard le commandement de la 42 e Division, disait dans son ordre du jour que le Bataillon Dathos, du 94 e, avait couronné le succès. Des prisonniers allemands confirmèrent que dans leurs rangs se trouvaient des équipesspéciales, devant faire fonctionner des pompes qui lançaient un liquide enflammé. Avec la mobilisation
des produits chimiques, la f1amme allait s'ajouter à la diabolique invention des gaz asphyxiants.

La lutte est continuelle et les pertes importantes, mais le moral de tous reste excellent: le 6 mars, le soldat Stéphane, gravement blessé, fait preuve d'un stoïcisme et d'un courage superbes, encourageant ses camarades et disant a tous: « Ça ne fait rien, je suis toujours Stéphane! » (Mort des suites de ses blessures).
Le 13 mars, le Régiment est à nouveau à Marie -Thérèse, le ravin du Mortier et Fontaine -Madame.
Le 7 avril, il est à Saint-Hubert; le 13, au ravin des Meurissons, où il repousse, toujours avec la même abnégation, une attaque le 24 avril et une autre le 1er mai, contre-attaquant à deux reprises différentes.
Du 8 au 31 mai, les Allemands font des attaques renouvelées sur les tranchées de Bagatelle. Les mines explosent, de part et d'autre ; mais, grâce aux nombreux héros que fait naître chaque affaire, l'ennemi n'obtient aucun résultat appréciable. Nous citerons, à titre d'exemple, les plus beaux parmi ces hauts faits:
Le Sergent téléphoniste Toupin, blessé grièvement à la gorge et perdant abondamment son sang, ne veut pas se laisser emmener avant d'avoir donné au Chef de Corps toutes les indications pour la remise en état du réseau.
Le soldat Rousselet se précipite sur une bombe à ailettes qui vient de tomber au milieu de sa section et réussit au péril de sa vie à en arracher la mèche, sauvant ainsi ses camarades d'une destruction certaine.
Les soldats Vannier et Francesconi, pendant un combat de nuit, restent à leur poste toute la nuit quoique blessés et ne sont évacués que le lendemain, sur l’ordre formel de leur chef de section.
Le Lieutenant Lavignon donne à ses hommes l'exemple du sang-froid et du mépris de la mort : commotionné par l'éclat d'un pétard, il ne songe pas un instant à quitter son poste d'honneur à l'endroit le plus exposé.
Le soldat Parizet, projeté en l'air par l'explosion d'une mine, reste deux heures sous le feu d'une mitrailleuse qui tire sur lui à chaque mouvement, se met enfin debout en criant: « Après tout, on ne meurt qu'une fois! » et retombe dans les bras de ses camarades.
Le soldat Morin, ayant le bras droit enlevé, s'écrie: « Je veux encore lancer un pétard! » et ne part qu'après l'avoir lancé (Ont été citées en outre pendant cette période : Les Équipes de Bombardiers des 1re, 3e, 4e et 12e Compagnies)
Après cette pénible période, pour la première fois, le Régiment, qui vient de montrer toute sa valeur en face de situations parfois critiques, profite, du 11 au 15 juin, d'un vrai repos à Moiremont, les Hauts-Bâtis et la Croix-Gentin.
Le 16 juin, il remonte à Beaumanoir et arrête deux violentes attaques le 17 et le 20.
Le 30 juin, les Allemands déclenchent une violente offensive sur tout le front de l'Argonne, de Verdun à la Champagne. Après un bombardement violent par obus de tous calibres et obus toxiques ils sortent des tranchées vers 7 heures et prennent trois lignes successives à Bagatelle.
L'attaque a été si subite que les Chasseurs, en soutien, sont surpris.
Le 94e, qui avait été relevé la veille, est alerté. II part de suite et contre-attaquant avec énergie, arrive à dégager les Chasseurs. La route de Sainte-Menehould était ouverte à l'ennemi, mais l'intervention du 2e Bataillon, sous les ordres du Commandant Boulet-Desbareau, contre-attaquant de flanc, rétablit la situation et permet de reprendre les troisième et deuxième lignes.
Le Colonel Escalon, commandant la 83e Brigade, est tué à son poste de commandement.
Les 1er et 2 juillet, la lutte continue et des attaques permettent de reprendre certains éléments de tranchées, en dépit des plus sérieuses difficultés, grâce tout spécialement au dévouement des mitrailleurs :
deux d'entre eux, les soldats Reverchon et Walinthout, inspirent à leurs cama rades le calme nécessaire dans la circonstance. Entourés par l'ennemi, ils continuent à tirer sur les colonnes d'attaque, réussissent à dégager leurs pièces et à reprendre le tir sur une nouvelle position. Sommé de se rendre prisonnier par les allemands qui lui crient: « Eh ! monsieur, camarade, prisonnier ! »; Walinthout répond: « Ta gueule, eh!
con ! » et continue à servir sa pièce. Un Caporal mitrailleur, Bégat, fait en ligne le ravitaillement en munitions et en eau; les chevaux étant fourbus, il continue à assurer le transport à dos pendant toute la nuit.

Le 6 juillet, le Régiment est relevé et mis au repos à Florent. Il remonte en ligne le 13. A peine est-il arrivé qu'un bombardement violent commence.
Le 14, à 8 heures, les Allemands se lancent à l'assaut des lignes devant Marie -Thérèse et le ravin du Mortier, de part et d'autre de la route de Saint-Hubert. La première ligne est enlevée sur toute sa longueur et une fois de plus le Régiment contre-attaque et les Compagnies, dans des attaques partielles, essayent de reprendre le terrain perdu, mais n'y réussissent que sur certains points, grâce à la valeur et à l'initiative des Chefs.
Le Capitaine Lecaplain, atteint de trois blessures au début de la campagne et dans l'impossibilité de se servir de son bras, se fait remarquer par sa bravoure et l'habileté qu'il montre dans le commandement d'une Compagnie de mitrailleuses.
Le Lieutenant Ragot (Tué le 25 septembre 1915) et le Sous-Lieutenant Sancier conduisent brillamment les attaques de leurs Compagnies et réussissent à reprendre des tranchées occupées par l'ennemi, malgré des feux violents de mitrailleuses et des tirs intensifs de pétards et de bombes.
La 1re Compagnie est citée à l'ordre de l'Armée (Citation de la 1re Compagnie du 94e R.I: « Le 13 juillet, chargée d'attaquer une partie de tranchée occupée par les Allemands, a enlevé cette tranchée après un combat des plus violents, malgré les pertes subies; le Capitaine Tranchand a assuré la garde et la remise en état de la portion de tranchée conquise, maintenu la liaison avec les éléments voisins et conservé cette position pendant les journées des 14 et 15 juillet, sous un feu continu de bombes et de pétards »).
Le 17 juillet, le Régiment, relevé, est en réserve, au repos à Vieil-Dampierre et Bournonville.
Le 30, il est embarqué en chemin de fer et débarqué à Saint-Hilaire-au-Temple.